
Chez moi, la soirée de semaine commence lorsque je mets ma charlotte sur ma tête, prends mon sac à main et éteins l’écran de mon PC. Je passe la porte du labo et me dirige vers les vestiaires.
Elle finie lorsque que sous la couette de plumes entre mon homme et mon matou, bien au chaud, Morphée m’emporte.
Cette soirée là commence avec une Maroon16 en quête d’un cadeau, que j’accompagne volontiers à la galerie marchande pour en dénicher aussi.
Nous partons donc dans la nuit noire, à seulement 18h05… la pleine lune est là, derrière les nuages, mais je préfèrerais des rayons de soleil…
On se suit en voiture, elle roule vite, on se perd, on se sépare…Je fini par me garer. Voilà qu’elle s’impatiente en faisant vibrer le petit appareil moderne au fond de mon sac lorsque je l’aperçois dans le hall. Ce dernier est déjà noëllement décoré.
Nous errons comme des âmes en peine dans un magasin attrape-gogos, qui nous vend trois Jacinthes pour 19,99 € et des sent-bon au même prix.
Nos chemin se séparent encore : une parfumerie, un Virgin, on fait notre choix. Je cherchouille quelques idées qui pourraient bien me faire tilter… mais rien… j’énumère un à un les intéressés, mais je ne trouve rien d’assez bien pour faire chauffer la carte bancaire.
Je feuillette un livre sur le Design quand soudain, le sac vibre :
« ouais c’est moi… t’es où ? »
« à Virgin »
« le chat a chié partout dans la baignoire »
Sur le coup, c’est le mot « partout » qui me fait peur…
« Ah… ben… »
« je nettoie pas, je vais vomir ! »
« Ah, mais c'est-à-dire qu’il n’y a pas de fenêtre dans la salle de bain et ça va puer, surtout que je ne rentre pas dans le ¼ d’heure ! »
« -- blanc -- »
« …prend un sac et retou… »
« ouais c’est bon je vais me débrouiller…Il fait vraiment chier ce chat ! »
Bon… c’est le cas de le dire….
Je continue à voguer entre les présentoirs de BD, sans trop de convictions. J’en trouve une plus originale que les autres, je la prends, cela fera un petit cadeau. Delphine me retrouve et nous nous séparons encore sur le parking, pour partir vers nos demeures respectives.
Première partie de la soirée terminée, je vous passe les détails des 20 min qui m’emmènent chez moi. Dans la voiture, je me dis que Ben va faire la gueule, que le chat va être puni sur le balcon, qu’il y aura une immonde odeur dans toute l’appart, et que du coup, je vais faire la gueule. Bref ça promet comme soirée.
Je monte au deuxième par l’ascenseur, le couloir commun regorge des mélanges d’odeurs de dîners, c’est le suspens total, la clé tourne dans la serrure et … ça sent la soupe…
« T’as nettoyé ? »
« pourquoi ça pue ? »
« ben non, je trouve pas »
« bon, ben c’est cool »
L’histoire des crocrottes s’arrêtent là, les seuls souvenirs étant des cris plaintifs et étouffés provenant du balcon.
Réalisant que j’ai évité les achats hebdomadaires à Auchan et que le frigo est plein, la motivation au maximum et à peine mon manteau enlevé, j’attaque à l’anticalcaire la baignoire et le lavabo. Il faut bien que je fasse ma part de boulot, et quand j’en ai envie si possible. En plus, si c’est pour éviter de faire ces tâches le week-end, ça n’a que du bon.
L’envie de crêpes de Ben tuée par le retournement de situation créé par le chat, il me demande ce qu’on fait à manger. Il est 20h40, on choisit soupe rapide (en sachet quoi). C’est plus pratique pour ne pas finir avec un couscous maison à 1h du mat’.
On passe à table, le chat miaule toujours sous 10°C dehors, les bols de soupe aux champignons fument, la télé nous débite ces âneries (et je suis polie) habituelles. La situation n’est pas tendue, au contraire, nous parlons d’Uriell sa chef, de ce que nous devons préparer à Lu pour la soirée de Noël, de ses péripéties avec son rhume et de son médicament qui me rappelle la maternelle, nous rions beaucoup. Nous regardons les bouquins qu’il a achetés pour offrir. J’ai enfin l’autorisation de laisser rentrer la bestiole chieuse.
Une Danette et un ananas en boîte plus loin, Ben part sur le canapé regarder à travers la télé. La lessive finie, j’en étends la moitié et mets l’autre au séchoir. Je vais ensuite me caler contre lui, pas plus de 10 min tellement cette émission est nulle. En plus, je commence à avoir (comme d’habitude) froid, malgré le chat qui (comme d’habitude) est venu se caler entre nous, puis qui improvise une toilette.
Un brin de vaisselle et nous quittons le salon pour la petite chambre, l’antre du PC. J’ai le droit au nouvel album disco de Madonna, qui me met en joie et me donne l’idée de sautiller dans tous les sens pour me réchauffer. J’ai dans l’idée de prendre une douche, mais comment serait-ce possible d’y rentrer en ayant si froid ? Je trouve le moyen de me réchauffer en dansant comme une cinglée, affolant le chat de tout ce rafus. Je pense à samedi, quand nous irons prendre un cours de danse africaine avec les filles.
Le chat a besoin de jouer, et je m’empresse de participer à son sport quotidien : la poursuite de la ficelle à rôti effilochée (tirée du film : the effiloched string pig purchase). Le scénario ? une baguette en bois, une ficelle (à rôti de préférence, le chat en avalant des bouts à l’occasion) de 2 mètres accrochée au bout, un chat noir et blanc consentant, une zone en lino avec un ou deux tapis qui glissent, une zones en moquette pour s’accrocher, quelques virages pour patinages non contrôlés, et le tour est joué. Le chat une fois essoufflé, je l’abandonne pour ma douche, Ben tapant son blog. Là, sous l’eau chaude, une idée de blog me vient.
Un coup de sèche-cheveux et une touche de crème hydratante plus tard, je me glisse dans les draps (que je ne trouve pour une fois pas glacés car je sors de la douche) et commence à taper ce que vous voyez au tout début.
Ben me rejoint à son tour tout propre en essayant de trouver une place dans le lit : il y aurait-il éventuellement encore un bout de couette libre ? … sûrement sous le chat.
La boucle bouclée, je conclue que cette soirée n’est pas exceptionnelle, mais que c’est juste une bonne soirée. Une soirée commune, mais agréable. Enfin, c’ETAIT une bonne soirée, parce que maintentant, la fin arrive, les paupières sont lourdes… il est minuit douze. Ben à gauche, Ghinzu à droite, ils ronflent déjà.