08 janvier 2011

Bon anniversaire papa !...



Petite ville sur le canal de Bourgogne, deux nouveaux habitants, dans une maison hors du commun. L’histoire débute en 2008 avec l’acquisition d’une Orangerie, (peut-être ou peut-être pas), en tout cas un corps de grange en pierres, deux murs adossés à la rue, trois grandes pièces, un étage, une cour, des arbres, un mur séparant trois voisins. Un an d’étude et un an de travaux sont nécessaires pour emménager en aout 2010 et se récompenser enfin, avec en prime les petits enfants (et enfants !) profitant de la piscine.

L’extension construite constitue la pièce de vie, qui porte ici bien son nom. C’est tout naturellement que la famille s’y retrouve la majorité du temps. Les longues baies ne laissent passer en cet hiver enneigé que l’image d’un jardinet tout droit sorti d’un film d’animation, et d’une cour en bois exotique qui suggère de confortables soirées d’été. Elle est partagée en trois zones dessinées par les éclairages, les meubles et leurs fonctions : cuisine, salle à manger, détente. Ici on reçoit douze personnes aisément tout en restant proche et derrière les fourneaux.

La charpente a été construite spécifiquement pour que seuls les murs soient porteurs, et que les poutres soient invisibles. C'est cette astuce qui crée tout le volume.
Dehors, levons les yeux au-dessus du tissage de verdure (dont le chat se sert d’échelle), on voit se détacher un vieux pigeonnier, propriété du voisin, volontairement mis en évidence.

Les beaux jours permettent d’ouvrir totalement les six panneaux de fenêtres coulissantes : s’empilant sur trois épaisseurs, l’impression d’être dehors dedans laisse alors la liberté de rester à la table à manger principale et de destiner la terrasse au farniente, aux chaises longues et aux fauteuils d’extérieur, profitant du carré bleu de la piscine. Les deux baies vitrées opposées ne sont faites que d’un seul panneau, mais l’une, tout aussi rusée, se cache dans l’épaisseur du mur, aspirant le regard vers les bambous.

A la perpendiculaire des ouvrants, un mur, une lame rouge-mexicain, souligne et transperce la pièce, ressortant de part et d’autre de l’extension et agrémentant de sa chaleur la cuisine noire laquée. Elle cache côté verso toute la partie technique de la maison, avec un cellier de haute voltige (rangement dans de véritables meubles de cuisine, second évier, cave à vin, dessertes…), donnant sur le garage.

Le passage dans l’ancienne grange, toujours plus fraîche quelle que soit la saison, se fait par une arche qui porte encore le vestige du haut de son ancienne porte, resté « intact » (poussière d’avant, mais aussi d’après les travaux !). Là, on entre dans une pièce qui, ne comportant anciennement qu’une échelle de meunier accédant au grenier, se nomme maintenant le home-cinéma. Entourée de deux murs en pierres laissés brutes, mais patiemment nettoyées, elle accueille cette fois un large canapé. Sa seule ouverture : cette haute baie à huisserie fixe donnant sur le jardinet est l’ex fenêtre à barreaux austères donnant sur le poulailler…

Un plafond suspendu encadre un lustre atypique très élégant et disperse des lumières de couleurs.

On avance encore ; l’entrée dans la pièce centrale est impressionnante, on lève les yeux presque instantanément pour observer la structure aérienne en métal perforé (figé en pleine oxydation), se composant de deux parties d’escalier, d’un seuil intermédiaire et d’une impressionnante passerelle. Suspendue entre les ouvertures existantes des deux murs porteurs, elle relie les deux chambres d’amis. Quatre carrés transpercent le toit pour offrir à ce volume la lumière du Sud, ces Vélux encadrent la seule fenêtre qui l’était à l’origine.

Sous le bloc blanc, le vestiaire, discret et feutré avec son plafond bas, rempli parfaitement sa fonction.

Les deux portes principales du corps de ferme sont devenues la porte d’entrée. Cet espace a été murement réfléchi avec l’objectif de ne pas dénaturer les arches, on aura juste enlevé les lourds volets en bois. Judicieusement placée à l’intérieur de la bâtisse, la baie permet une sorte de préau accueillant, qui crée une zone de la terrasse à l’abri des intempéries. En effet, des encadrements de fenêtre auraient altéré l’allure de ces belles voutes.

Nous passerons la seule porte de ce niveau pour accéder à la chambre. Elle est coulissante et absente une fois ouverte. Claire, sobre et pensée, agrémentée de multiples suspensions aériennes, la pièce se marie avec l’extérieur mais sous un angle différent et unique. L’espace lit est un cube blanc imaginaire imbriqué dans un autre au plafond noir observant deux vasques en corian imposantes, une cabine de douche colorée et un dressing. Les murs ajourés créent des perspectives toujours à redécouvrir. Comme depuis la douche, à travers deux vitres l’on pourrait voir jusqu’au bureau situé à l’opposé de la maison.

L’intégralité du rez-de-chaussée est carrelée de larges dalles noires pailletées, sans aucun joint ni seuil, ce qui, sur 200 m² en L, paraissait un véritable challenge. Ce travail a d’ailleurs été pensé à l’origine de la dalle pour que tous les passages de fenêtres soient plats, cela augmente évidemment l’impression d’être dehors lorsque que tout est ouvert.

Nous accédons à l’étage. L’absence de rampe étonne, mais un rang de bonsaïs affirme que l’espace à mi-niveau est large. On y découvre la sensation de vibration et le petit bruit des pas sur la passerelle, des canons de lumières nous observent, bien rangés sur leur fil. A cet étage s’opposent deux pièces, situées au-dessus du home-cinéma et de la chambre principale.

Derrière sa large porte coulissante, la première fait rêver par son charme digne de la plus belle chambre d’hôte. Comme posée à même le parquet en bois brut, une vaste baignoire ronde trône. Un plan épais et brillant souligne deux vasques posées au sol, éclairées par la lumière d’un percement dans le toit.

Appuyé contre la cloison qui le sépare de la partie bain, le lit regarde deux fenêtres étonnantes donnant sur la cour. Comme des cubes noirs, non ouvrantes, elles ont été conçues sur mesure pour donner l’effet d’un aquarium sortant du mur et offrant une vision à 180°. Techniquement difficiles à concevoir, elles ont été finalement réalisées en zinc noir. De l’intérieur, on a l’apparence d’un mur épais, qui donne une vitrine originale aux chevaux qui se sont d’ailleurs dispersés un peu partout dans la maison.

De l’autre côté une chambre plus simple mais lumineuse de par ses quatres fenêtres, avec une vue sur la colline. Simple mais qui cache une astuce en son milieu : une cloison mobile court du milieu de la porte au mur opposé, pouvant ainsi créer deux espaces ayant chacun sa propre porte. Sur le palier une troisième petite salle d’eau peut servir à tous les invités.

« Cette maison pleine de lumière, spacieuse et simple à vivre, nous donne l’impression d’être en vacances toute l’année, cela change du T2 citadin ! Depuis qu’on est installé, nous avons changé notre façon de voir les week-end ! »


4 commentaires:

Papa a dit…

J'ai ouvert la revue à minuit. Bonne observation et belle rédaction... A quand des photos ?
542 points de lumière, c'est exagéré, il y en a 400 tout au plus !
Bisous

sophie a dit…

Dis donc tu devrais te recycler en rédactrice pour annonce des chambres d'hôtes ou autres!!! :)
Ca a l'air tout simplement somptueux.
Bizouille miss

Angel a dit…

C'est juste magnifique et ça donne envie...
Félicitations, toujours autant de goût.
Bises

Grand-Mère a dit…

Description minutieuse qui témoigne d'un don certain d'observation remarqué depuis longtemps .

La rédaction précise et claire (sans faute d'orthographe ) aurait plu à ton grand-père .

D'ailleurs ,la réflexion de Sophie est la conclusion naturelle de ces remarques